← Retour au blog

Allergènes sur la carte : obligations et présentation

11 août 2026
Un chef vérifie les allergènes sur l’étiquette d’un produit

L’obligation d’informer les clients sur les allergènes s’applique dans l’UE depuis le 13 décembre 2014. Elle concerne tout établissement servant des aliments : restaurants, bars, cafés, food trucks, pâtisseries et cantines. Ni la taille ni la préparation sur place ne changent cette obligation.

Elle reste pourtant l’une des plus négligées en restauration. Souvent sans mauvaise volonté : personne n’a expliqué au propriétaire sous quelle forme l’information doit être disponible. C’est précisément le cœur de la règle.

Voyons ce qu’il faut prévoir, les points vérifiés lors d’un contrôle et la façon d’éviter de tout reconstruire à chaque changement de recette.

Ce texte présente le cadre juridique et les pratiques professionnelles, pas un conseil juridique. Les sanctions et les procédures varient selon les États membres : confirmez-les auprès de votre autorité nationale de sécurité alimentaire.

D’où vient l’obligation ?

La base est le règlement (UE) nº 1169/2011 du Parlement européen et du Conseil sur l’information des consommateurs concernant les denrées alimentaires. Trois parties concernent particulièrement la restauration :

  • Article 9, paragraphe 1, point c) : les substances provoquant allergies ou intolérances constituent une information obligatoire ;
  • Article 44 : il couvre les denrées non préemballées, précisément celles servies au restaurant. Les États peuvent préciser les modalités, mais pas supprimer l’obligation ;
  • Annexe II : liste fermée des 14 substances à déclarer.

En France, ces modalités figurent aux articles R. 412-12 à R. 412-16 du code de la consommation, issus du décret n° 2015-447 du 17 avril 2015. Pour les repas servis sur place, l’article R. 412-14 impose une information sous forme écrite, lisible et visible depuis les lieux où le public est admis. Tous les pays de l’UE n’ont pas fait ce choix : l’Espagne et l’Allemagne admettent une réponse orale du personnel, appuyée sur un registre écrit et une affiche. Les 14 substances restent identiques partout.

Point essentiel : le règlement européen s’applique directement. Aucune loi nationale n’est à attendre et aucun seuil de taille n’exonère de cette obligation.

Les 14 allergènes de l’annexe II

Nº Allergène Points de vigilance en cuisine
1 Céréales contenant du gluten : blé, seigle, orge, avoine, épeautre, kamut panures, roux, sauce soja, mélanges d’épices, bière
2 Crustacés fonds, sauces asiatiques, pâte de crevettes
3 Œufs mayonnaise, pâtes, panures, gâteaux, sauces émulsionnées
4 Poissons sauce Worcestershire, pâte d’anchois, certaines sauces comme César
5 Arachides sauces asiatiques, huile d’arachide, desserts
6 Soja sauce soja, marinades, lécithine de soja dans le chocolat
7 Lait, y compris le lactose beurre clarifié, pain, panures, sauces, pommes de terre frites au beurre
8 Fruits à coque : amande, noisette, noix, cajou, pécan, noix du Brésil, pistache, macadamia pesto, desserts, salades, huiles
9 Céleri presque tous les fonds et bouillons, mélanges de légumes et d’épices
10 Moutarde moutarde, vinaigrettes, marinades, saucisses
11 Graines de sésame petits pains, houmous, tahini, cuisine du Moyen-Orient
12 Anhydride sulfureux et sulfites au-delà de 10 mg/kg ou 10 mg/l vin, fruits séchés, vinaigre, certaines pommes de terre transformées
13 Lupin farine sans gluten, pain, produits végétaliens
14 Mollusques moules, poulpe, calmar, sauces de poisson

Deux références provoquent le plus de surprises : le céleri, présent dans presque tous les fonds et mélanges d’épices, et les sulfites, souvent oubliés par les restaurants qui servent du vin.

Sous quelle forme fournir l’information ?

C’est le point que beaucoup d’établissements comprennent mal.

L’information doit être accessible au client avant la commande, sous forme écrite. L’article R. 412-14 laisse deux options : afficher l’information elle-même, ou indiquer par écrit comment la consulter, à condition que le client accède directement et librement à l’information écrite. Le support est libre, numérique compris :

  • indication à côté des plats, numéros ou pictogrammes avec légende ;
  • carte ou tableau séparé, disponible sur les tables ou au bar ;
  • information électronique, par exemple un menu ouvert par code QR ;
  • affiche visible indiquant où consulter la liste complète si elle n’est pas dans la carte.

Ce qui ne suffit pas : l’oral seul. « Demandez au serveur » ne remplit pas l’obligation comme unique moyen, puisque le client doit pouvoir lire l’information sans passer par le personnel. Le serveur peut interpréter la liste, conseiller et vérifier auprès de la cuisine, mais un document consultable doit exister. Cette exigence est française : en Espagne, le décret royal 126/2015 (art. 6.5) admet une réponse orale si des fiches écrites existent dans l’établissement et qu’une affiche invite à interroger le personnel.

Conséquence pratique : un menu numérique est un support valable. Une liste associée à chaque article dans un menu QR répond au besoin comme un tableau imprimé, sans réimpression à chaque recette modifiée.

Trois systèmes de présentation

Le système numéroté

Les numéros correspondant à l’annexe II figurent à côté des articles, avec une légende en bas de page.

Soupe de poisson (1, 3, 7, 9)                      12 €

Avantage : très peu de place. Limite : le client doit consulter la légende, qui doit se trouver sur la même page.

Les pictogrammes

Des icônes représentent épi de blé, lait, œuf ou poisson. Plus lisibles et indépendantes de la langue, elles aident les clients étrangers. Mais avec 14 allergènes, elles deviennent petites et difficiles à lire à l’impression.

Les noms complets sur la fiche du plat

Les allergènes sont écrits sous le nom. C’est la forme la plus claire pour le client et la plus coûteuse sur papier. Elle y est donc rare, alors qu’elle est standard dans un menu numérique, où l’espace ne coûte rien.

Six erreurs qui coûtent cher

  1. Un tableau créé une fois et jamais actualisé. Fournisseur de moutarde ou recette de sauce changés, tableau inchangé : c’est la situation la plus fréquente et la plus dangereuse.
  2. Les allergènes uniquement dans la langue locale. Le client qui ne la lit pas n’accède pas à l’information. L’obligation consiste à la transmettre, pas seulement à la posséder. Voir les menus multilingues.
  3. Aucune indication sur les contaminations croisées. Si les frites partagent l’huile du poisson pané, dites-le.
  4. L’information en salle, mais pas à emporter ni en livraison. L’obligation couvre aussi ces ventes et les plateformes.
  5. Oublier les boissons. Vin, bière et certains jus peuvent contenir sulfites ou gluten. La carte des vins est concernée.
  6. Un nouveau plat sans allergènes. Suggestions et plats saisonniers en ont besoin dès le premier jour, pas à la première question.

Les contaminations croisées

La déclaration obligatoire couvre les ingrédients. La contamination par un équipement partagé est un sujet distinct, souvent encore plus important pour un client allergique.

Les pratiques qui protègent le client et le restaurant :

  • repérer les risques réels : friteuse, planche ou grille-pain partagés, farine en suspension pendant le travail de la pâte ;
  • les décrire en une phrase dans la carte ou le tableau, plutôt qu’ajouter « peut tout contenir » à chaque plat ;
  • éviter les avertissements défensifs sans risque réel. « Peut contenir des traces » partout vide l’information de son sens : un client atteint de maladie cœliaque ne commandera rien.

Limite : avec un seul poste et une seule friteuse pour tout, un avertissement honnête sur la plupart des plats est la bonne solution. Dites-le clairement et précisez les 3 ou 4 plats qui ne sont pas concernés.

Ce que vérifie un contrôle

Un contrôle sanitaire courant examine généralement trois choses :

  1. L’existence de la liste et son accès sans devoir interroger le personnel.
  2. La cohérence avec les recettes : l’inspecteur peut comparer un plat aux ingrédients utilisés.
  3. La connaissance de la liste par l’équipe, qui doit pouvoir la présenter.

Le troisième point échoue étonnamment souvent : le document existe dans le bureau, mais le serveur l’ignore.

L’article R. 412-14 fait partie des mesures d’application de l’article L. 412-1 du code de la consommation, et leur méconnaissance est punie de l’amende des contraventions de 5e classe (art. R. 451-1) : 1 500 € au plus, 3 000 € en récidive (art. 131-13 du code pénal). Pour une société, c’est cinq fois plus : 7 500 € (art. 131-41). Les amendes contraventionnelles se cumulent entre elles (art. 132-7 du code pénal), donc chaque manquement constaté peut être compté à part. Si le manque d’information provoque une réaction allergique, la responsabilité civile entre en jeu.

Organiser le travail une fois, pas à chaque changement

Le vrai problème n’est pas de produire la liste, mais de la maintenir. Une recette, un fournisseur ou une saison change, tandis que le tableau reste celui de l’année précédente.

Une méthode durable :

  1. Une source de référence unique. Les allergènes sont sur la fiche du plat, avec le prix et la description, pas dans un tableur séparé dont une seule personne se souvient.
  2. Un champ obligatoire à la création. Pas de nouveau plat sans liste renseignée.
  3. Changement de recette = révision des allergènes. La règle entre dans la procédure, comme le calcul de coût.
  4. Une publication automatique. La modification apparaît à table, sur le site et dans la version à emporter, sans impression.

Dans WMenu, les allergènes sont rattachés à l’article. Le client les voit à côté du plat dans sa langue ; vous les modifiez dans le tableau de bord en quelques secondes. Aucun document séparé ne peut diverger : c’est le même menu.

Découvrez le menu électronique de restaurant, ou l’ingénierie de menu si vous retravaillez toute la carte.

Questions fréquentes

Un petit établissement ou un food truck doit-il déclarer les allergènes ?

Oui. Le règlement 1169/2011 ne prévoit aucun seuil de taille. Il concerne toute personne servant des denrées non préemballées au consommateur final.

Une réponse orale du serveur suffit-elle ?

Non, pas en France. L’article R. 412-14 du code de la consommation exige une information écrite, directement accessible avant la commande, sur papier ou à l’écran ; le serveur peut l’expliquer et la compléter. D’autres pays, comme l’Espagne et l’Allemagne, admettent l’oral sous conditions.

Un menu par code QR répond-il à l’exigence ?

Oui, le support électronique est admis. Il faut que le client puisse y accéder avant de commander, sans rien installer.

Faut-il écrire « peut contenir des traces » ?

Il s’agit d’une information volontaire sur le risque de contamination croisée, pas de la déclaration obligatoire. Indiquez-la là où le risque existe, pas comme protection générale sur tous les plats.

Les boissons et le vin sont-ils concernés ?

Oui, lorsqu’ils contiennent des allergènes, notamment sulfites dans le vin et gluten dans la bière. La même obligation s’applique aux boissons et aux plats.

Et un plat du jour qui change quotidiennement ?

L’obligation est identique. Le plus simple est de le tenir dans un menu numérique ou d’afficher sa liste d’allergènes près de l’ardoise.

- Vous n'avez pas encore de menu QR ?

- Lancez rapidement, modifiez en quelques minutes et obtenez plus de commandes — découvrez WMenu ou scannez le QR pour voir un exemple de menu.