← Retour au blog

Indiquer les allergènes dans un menu numérique, étape par étape

29 août 2026
Les allergènes indiqués à côté d’un plat dans un menu numérique

Créer une liste des allergènes prend un après-midi. La maintenir exacte pendant un an est un autre travail : c’est là que la plupart des établissements rencontrent des difficultés.

Le mécanisme est toujours le même : la liste est créée dans un document séparé tandis que la carte vit sa vie. Une recette change, un fournisseur arrive, la carte saisonnière est lancée. Le menu est actualisé, puisque le client le voit. La liste ne l’est pas, puisqu’elle reste dans un classeur.

Cet article propose l’organisation inverse : intégrer les allergènes au menu plutôt que conserver un document à côté.

Les bases juridiques, les 14 allergènes et les formes d’information admises figurent dans le guide allergènes sur la carte. Ici, nous traitons uniquement de la mise en œuvre.

Pourquoi le support électronique est admis

Le règlement (UE) nº 1169/2011 rend l’information sur les allergènes obligatoire et laisse chaque État fixer les modalités. En France, l’article R. 412-14 du code de la consommation exige, pour les repas servis sur place, une information écrite, accessible avant la commande, directement et librement. Il ne prescrit pas de support particulier : une ardoise, un classeur ou un écran conviennent.

Une liste associée à chaque plat dans un menu ouvert par code QR répond donc à l’exigence comme un tableau imprimé. La condition est pratique, pas formelle :

  • le client doit y avoir accès avant de commander, pas après ;
  • l’accès ne doit nécessiter ni application à installer ni compte à créer ;
  • l’information doit être lisible, pas enfouie dans des conditions en bas de page.

Ce qui reste insuffisant en France : une information uniquement orale. « Adressez-vous à votre serveur » ne satisfait pas, à lui seul, cette obligation, que la carte soit imprimée ou numérique.

Le manquement relève de la contravention de 5e classe (art. R. 451-1 du code de la consommation) : jusqu’à 1 500 € par infraction, 7 500 € pour une société.

Étape 1 : réunir les données une fois, correctement

Avant toute saisie dans un système, il faut disposer d’une vue complète. Cette partie ne doit pas être précipitée.

  1. Recensez tous les articles de la carte, boissons, accompagnements et sauces servis séparément compris.
  2. Pour chaque article, relevez les ingrédients sur les étiquettes, pas de mémoire. Les surprises viennent surtout des produits préparés : mélanges d’épices (céleri, gluten), cubes de bouillon (céleri), sauce soja (blé), moutarde dans une vinaigrette, lécithine de soja dans le chocolat.
  3. Vérifiez les boissons. Le vin contient presque toujours des sulfites, la bière du gluten.
  4. Repérez les points de contamination croisée. Friteuse, planche ou grille-pain partagés, farine en suspension. Une cuisine classique en compte 3 à 5.

Étape 2 : rattacher les allergènes au plat, pas à un document

C’est ici que tout se joue : l’organisation tient un an ou se dégrade en 3 mois.

À éviter : un fichier allergens.xlsx séparé sur le disque du responsable, imprimé de temps en temps et déposé au bar. Avec une carte de 60 articles, cela représente 60 lignes que quelqu’un doit penser à synchroniser.

À privilégier : les allergènes sont un champ de la fiche du plat, au même endroit que son nom, son prix et sa description. Un changement de recette entraîne une seule modification.

Dans WMenu, vous cochez les allergènes présents pour chaque article. Le client les voit directement sous le nom du plat, dans sa langue, puisque les libellés sont traduits avec le menu.

Étape 3 : organiser l’affichage pour le client

Trois points méritent réflexion.

Visible sans chercher. Les allergènes doivent apparaître sur la fiche du plat ou à une pression de celle-ci. Une liste cachée derrière 3 pressions existe formellement, mais ne fonctionne pas en pratique.

Les filtres. Si le système le permet, un filtre « sans gluten », « sans lactose » ou « végétalien » est ce qu’un client allergique cherchera en premier. Il répond aussi aux besoins des clients qui suivent un régime d’exclusion.

Les contaminations croisées. Une phrase visible doit décrire le risque réel. N’ajoutez pas « peut contenir des traces » à chaque article : l’information perd alors son sens, et un client atteint de maladie cœliaque ne commande rien.

Étape 4 : intégrer les allergènes à la procédure de changement de carte

Sans cela, tout ce qui précède devient obsolète en quelques mois. Trois règles suffisent :

  1. Aucun plat n’est ajouté sans allergènes renseignés. Si le système accepte un champ vide, faites-en une règle interne et vérifiez avant publication.
  2. Changement de recette = révision des allergènes. C’est la même procédure que pour le calcul du coût d’un plat, décrite dans les mises à jour saisonnières de la carte. Comptez 2 minutes par article.
  3. Changement de fournisseur = révision de tous les plats utilisant le produit. C’est le moment où la liste cesse le plus souvent d’être exacte sans que personne ne le remarque.

Étape 5 : préparer l’équipe

Un contrôle vérifie non seulement l’existence de la liste, mais aussi si le personnel sait où elle se trouve. Un document dans le bureau dont le serveur ignore l’existence ne remplit pas sa fonction.

Un briefing de 15 minutes suffit. Chaque personne en salle doit au minimum savoir :

  • montrer au client où se trouvent les allergènes dans le menu ;
  • qu’une réponse orale ne remplace pas la liste ;
  • où sont les risques de contamination croisée dans sa cuisine, la friteuse partagée étant le cas classique ;
  • à qui s’adresser lorsque la question du client dépasse les informations de la liste.

Les erreurs fréquentes lors du passage au numérique

  1. Recopier l’ancien tableau sans le vérifier. S’il date d’un an, vous recopiez un an d’erreurs. C’est le meilleur moment pour relire les étiquettes.
  2. Oublier les boissons, les accompagnements et les sauces. La carte des vins et les suppléments sont soumis à la même obligation.
  3. Oublier les menus à emporter et en livraison. L’obligation couvre aussi les plateformes et votre propre canal de commande.
  4. Ne pas indiquer les allergènes dans les autres langues. Une information fournie uniquement dans la langue locale ne sert pas un client qui ne la lit pas.
  5. Proposer un plat du jour sans liste. Même un article qui change quotidiennement doit avoir ses allergènes dès le premier jour.

Ce que vous gagnez au-delà de la conformité

La conformité est une obligation, mais elle s’accompagne de trois avantages :

  • Un service plus rapide. Un client allergique qui consulte lui-même la liste ne mobilise pas le serveur 5 minutes à chaque question.
  • Une clientèle plus large. Les personnes suivant un régime d’exclusion choisissent les établissements où elles n’ont pas à mener une enquête. Et elles décident souvent pour toute la table.
  • Un contrôle plus serein. Une liste actualisée avec le menu reste cohérente avec ce que vous servez.

Découvrez le fonctionnement sur la page du menu électronique de restaurant ou dans les menus de vrais établissements.

Questions fréquentes

Un menu par code QR remplit-il l’obligation d’information sur les allergènes ?

Oui. Service-public.fr range parmi les supports admis « tout autre système d’information directement et librement accessible aux clients ». La condition : un accès avant la commande, sans rien installer.

Faut-il aussi un tableau papier ?

Ce n’est pas obligatoire si la version électronique est accessible au client avant la commande. Beaucoup d’établissements conservent un exemplaire pour les clients sans téléphone : c’est une précaution pratique, pas une formalité.

Comment indiquer les allergènes d’un plat du jour ?

Exactement comme ceux d’un plat permanent. Dans un menu numérique, le plat du jour est un article ordinaire : sa liste est ajoutée en même temps que lui.

Et les plats modifiés à la demande du client ?

La liste couvre la recette standard. Lors d’une modification, l’équipe doit savoir ce qui change. Le personnel doit donc connaître les ingrédients, pas seulement la liste des allergènes.

Faut-il indiquer les allergènes sur une carte à emporter ?

Oui. L’obligation couvre aussi la vente à emporter et les ventes sur les plateformes de livraison.

- Vous n'avez pas encore de menu QR ?

- Lancez rapidement, modifiez en quelques minutes et obtenez plus de commandes — découvrez WMenu ou scannez le QR pour voir un exemple de menu.